
Weekly Update - Les routes du commerce de l’intelligence artificielle
Malgré la multiplication des politiques protectionnistes dans les principales économies, le commerce mondial continue d’afficher une croissance très dynamique. Cette bonne tenue reflète en grande partie l’essor de l’écosystème de l’intelligence artificielle accompagnés d’annonces d’investissements massifs. En effet, aux États-Unis, ces investissements très importants se traduisent par une forte progression des importations de biens informatiques, maintenant le déficit commercial à un niveau élevé. En parallèle, les exportations de biens des économies développées d’Asie, principaux fournisseurs de biens informatiques, affichent-elles aussi une forte hausse, tandis que les exportations chinoises demeurent résilientes.
Un commerce international au défi des politiques protectionnistes. Dans un contexte où les principales économies mettent en œuvre un nombre croissant de mesures protectionnistes et renforcent leurs politiques industrielles, le commerce international fait preuve d’une grande résilience. Après une progression de 4 % en volume en 2025, il poursuit sur cette lancée avec une croissance de 8 % au mois de février, atteignant ainsi un niveau historique. D’un point de vue géographique, cette bonne tenue reflète le dynamisme des exportations asiatiques : celles de la Chine ont augmenté de 30 % depuis 2025, contre 24 % pour les économies développées d’Asie (Corée, Taïwan) et 16 % pour les économies émergentes d’Asie (ASEAN). À titre de comparaison, les exportations américaines ont progressé de 15 % sur la même période, tandis que celles de la zone euro reculent de 2 %.
Le dynamisme des exportations asiatiques, reflet de l’essor de l’IA. Ce dynamisme s’explique d’abord par l’importance des investissements dans le secteur de l’IA, la région se trouvant en situation de quasi-monopole sur la production de hardware nécessaire à cette technologie. Ainsi, les exportations de semi-conducteurs de la Chine, de la Corée et de Taïwan ont atteint près de 700 milliards de dollars sur un an au mois de mars et devraient rester soutenues, compte tenu des annonces d’investissement à venir. Cette combinaison d’une position dominante et d’une demande forte explique la surperformance des indices actions coréen et taïwanais, en hausse respectivement de 86 % et 42 % depuis le début de l’année. Par ailleurs, les exportations chinoises demeurent dynamiques (8 % en avril sur un an), malgré le renforcement des mesures protectionnistes prises par plusieurs économies à l’encontre des biens chinois. Elles continuent de bénéficier d’une compétitivité accrue, de surcapacités de production, ainsi que d’une spécialisation dans les biens liés à la transition énergétique, dans un contexte de hausse des prix du pétrole.
Un déficit commercial américain toujours important, reflet de l’essor de l’IA. En contrepartie de l’envolée des exportations asiatiques de semi-conducteurs, le déficit commercial américain reste élevé. Au mois de mars, il s’est ainsi établi à 1 020 milliards de dollars, dont l’essentiel provient des importations d’équipements informatiques (769 milliards de dollars sur un an). Par ailleurs, cette catégorie de biens bénéficie de droits de douane très faibles. Hors de cette catégorie, le déficit s’est ajusté de manière plus marquée. Ainsi, si les investissements annoncés par les entreprises américaines soutiennent la croissance, ils contribuent également à maintenir un déficit commercial élevé, accentuant les déséquilibres mondiaux.
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