
Weekly Update - Conjoncture France : une croissance faible mais qui resterait positive
Au vu des dernières données, l’économie française apparaît plus fragile que le reste de la zone euro pour faire face au nouveau choc lié à la guerre en Iran. Sans minimiser ces difficultés, la croissance dispose néanmoins de certains ressorts, en particulier externes, qui devraient permettre de limiter un coup de frein trop abrupt.
Une économie à l’arrêt ou presque.
La croissance au premier trimestre a surpris défavorablement en France par rapport aux autres grandes économies de la zone euro. Elle ressort en effet à 0 %, contre 0,3 % en Allemagne, 0,2 % en Italie et 0,6 % en Espagne sur un rythme trimestriel. Parallèlement, les principaux indicateurs de confiance continuent de se dégrader sensiblement, à l’instar de l’indice des sentiments économiques des ménages et des entreprises au plus bas depuis juin 2025. L’ensemble de ces signaux laisse ainsi entrevoir une situation conjoncturelle durablement plus fragilisée en France que chez ses principaux partenaires.
Une croissance pénalisée par ses moteurs domestiques.
Sur les trois dernières années, la croissance française s’est pourtant globalement maintenue autour de son potentiel (environ 1 % depuis la normalisation post-Covid, en 2023, 2024 et 2025). Cette résilience doit toutefois beaucoup à la contribution de la demande publique, qui explique la moitié de la croissance, un soutien appelé à se modérer dans un contexte de marges de manœuvre budgétaires plus contraintes. En parallèle, la demande privée – consommation des ménages et investissement des entreprises et des ménages – apparaît globalement atone, avec une contribution proche de zéro. Cette faiblesse devrait perdurer à court terme, dans un environnement marqué par un ralentissement progressif du marché du travail (le taux de chômage reprogresse à 7,9 % fin 2025 contre 7,3 % un an plus tôt), un regain de tensions sur les prix de l’énergie et des conditions de crédit plus restrictives. En effet, les taux d’intérêt français restent particulièrement sous pression (avec une OAT à 10 ans à 3,6 %), ce qui pèse sur les conditions de financement des agents économiques et freine la dynamique du crédit, notamment dans l’immobilier.
Des facteurs externes qui limitent le risque de décrochage.
De manière plus contre-intuitive, l’extérieur, longtemps perçu comme un point faible de l’économie française, constitue aujourd’hui un facteur de soutien relatif. En effet, le moteur externe a contribué positivement à la croissance ces dernières années, avec une nette diminution des importations et une bonne tenue des exportations, malgré un environnement commercial plus contraint. Une partie de cette amélioration reflète un léger redressement de la compétitivité relative de la France, dans un contexte d’évolutions salariales plus contenues que chez certains partenaires, et de sa spécialisation sectorielle (aéronautique). Cette tendance pourrait se prolonger, d’autant que la France apparaît relativement moins dépendante des importations d’énergie que d’autres économies européennes et bénéficie, par ailleurs, d’une demande extérieure soutenue pour sa production d’électricité. Dans ce contexte, l’environnement européen pourrait, à défaut d’être véritablement porteur, jouer un rôle de stabilisateur.
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