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Weekly Update - Banques centrales : la crainte de la hausse des anticipations d’inflation

La semaine prochaine, quatre des principales banques centrales tiennent leur comité de politique monétaire : la Fed, la BCE, la BoE ainsi que la BoJ. Si aucun changement de taux n’est anticipé pour avril, leurs communiqués seront scrutés de près, dans le contexte de nouvelles incertitudes. La guerre au Moyen Orient ravive en effet les inquiétudes sur les prix de l’énergie, et avec elles une question essentielle pour les banquiers centraux : ce choc pourrait-il désancrer les anticipations d’inflation, alors même que l’épisode inflationniste de 2022 2023 reste très présent dans les esprits ?

Le rôle clé des anticipations d’inflation. La guerre au Moyen Orient a déjà provoqué une remontée marquée des prix de l’énergie, visible dans les premières données d’inflation de mars. Pris isolément, ce choc est a priori perçu comme transitoire : tant que son ampleur et sa durée restent contenues, son impact direct sur l’inflation devrait s’estomper avec le temps. Il s’agit, en théorie, du type de choc exogène que les banques centrales peuvent — et doivent — considérer au-delà de ses effets de court terme, en évitant de réagir excessivement à une hausse temporaire des prix.
Cependant, ce raisonnement se heurte à un contexte particulier. L’économie mondiale sort à peine d’un épisode inflationniste d’une ampleur inédite depuis plusieurs décennies, avec une hausse cumulée des prix à la consommation proche de 20 % entre 2021 et 2023 dans de nombreuses économies avancées. Cet épisode a marqué les ménages et les entreprises. La mémoire de l’inflation reste vive, et la confiance dans sa maîtrise n’est pas totalement rétablie. Or l’inflation est un phénomène éminemment dépendant des anticipations : ce que les agents économiques redoutent demain influence directement leurs comportements aujourd’hui, qu’il s’agisse de demandes salariales, de politiques de prix ou de décisions d’investissement. Ainsi, le risque ne réside pas dans la hausse ponctuelle des prix de l’énergie, mais dans leur diffusion potentielle aux salaires et aux prix des services, ce qui explique la vigilance des banques centrales.

Anticipations d’inflation : ce que l’on observe. Les différentes mesures d’anticipations vont dans le même sens, même si elles sont d’ampleur variable. Tout d’abord, du côté des ménages, les enquêtes font apparaître une remontée marquée des anticipations d’inflation à court terme, reflet d’une forte sensibilité aux prix de l’énergie, notamment de l’essence. De fait, les ménages raisonnent avant tout à partir de l’inflation qu’ils observent au quotidien, ce qui rend leurs anticipations particulièrement réactives aux chocs visibles et immédiats.
En parallèle, les marchés financiers envoient un message plus modéré : les indicateurs de breakeven d’inflation ont progressé, en particulier à l’horizon à un deux ans. Néanmoins, les investisseurs n’anticipent pas un retour à une inflation très élevée ou durable. Enfin, du côté du consensus des économistes, les prévisions d’inflation ont été révisées à la hausse principalement pour l’année 2026 mais pas au-delà.

Un resserrement monétaire en vue. Dans ce contexte, les banques centrales devraient conserver un biais de prudence. Il ne s’agit pas nécessairement de relever les taux, mais plutôt de maintenir un discours de vigilance clairement orienté vers la prévention des effets de second tour. L’objectif est explicite : éviter que ce choc géopolitique, exogène par nature, ne se transforme en choc inflationniste endogène via les anticipations. A noter que cette stratégie n’est pas sans risque : ce discours de vigilance se transmet déjà aux taux d’intérêt du marché, avec le risque, à terme, de peser sur des économies déjà fragilisées par le choc sur l’énergie.

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