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Weekly Update - BCE : la durée du conflit sera déterminante pour la suite

La Banque centrale européenne (BCE) a ouvert le bal des réunions de juin en annonçant une hausse de 25 points de base de son taux directeur, à 2,25 %. La durée du blocage du détroit d’Ormuz restera clé pour déterminer la trajectoire des principales banques centrales. Face au choc énergétique observé, la BCE semble considérer que sa capacité à « regarder au-delà » du choc s’est désormais refermée.

La BCE est la première banque centrale du G7 à relever ses taux depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient.
Cette décision, unanime et largement anticipée, marque la fin d’un statu quo de près d’un an. Elle s’inscrit dans un contexte de remontée tangible de l’inflation : celle-ci a atteint 3,2 % en mai, à comparer à moins de 2 % en février. Surtout, la dynamique actuelle est tirée par la hausse des prix de l’énergie, directement liée aux perturbations sur les infrastructures et aux tensions autour du détroit d’Ormuz. Mais au-delà du choc initial, la BCE observe désormais des effets de diffusion : l’inflation sous-jacente montre des signes de réaccélération (2,5% au mois de mai), tandis que les entreprises anticipent des hausses de prix plus larges. Autrement dit, le risque de second tour ne peut plus être écarté.

Plus d’inflation et un peu moins de croissance. La BCE a ajusté en conséquence son scénario macroéconomique, signalant un environnement plus contraint.
Elle table désormais sur une inflation moyenne de 3 % en 2026 avant un reflux progressif vers 2,3 % à l’horizon 2027, tout en révisant légèrement à la baisse ses perspectives de croissance, à 0,8 % puis 1,2 %. Cette combinaison traduit bien la nature du choc en cours : une impulsion inflationniste importée, mais qui pèse simultanément sur l’activité. C’est précisément ce dilemme qui rend la décision de politique monétaire particulièrement délicate. Là où certains plaident pour « regarder au-delà » du choc énergétique afin de préserver une croissance déjà fragile, la BCE privilégie une approche prudente visant à éviter tout désancrage des anticipations d’inflation, dans un environnement où depuis 2021 l’inflation se situe au-dessus de la cible de 2%.

Des marchés qui intègrent une prochaine hausse dès juillet.
Les anticipations de marché intègrent un resserrement supplémentaire, avec deux hausses d’ici la fin de l’année, dont une dès la réunion du mois de juillet. Au-delà du calendrier immédiat, tout dépendra de la durée et de l’intensité du choc énergétique. Si les tensions devaient se prolonger, alimentant une inflation plus diffuse, la BCE pourrait être contrainte d’aller plus loin, quitte à accentuer le ralentissement économique. À l’inverse, une normalisation rapide des prix de l’énergie redonnerait des marges de manœuvre. En définitive, plus que le niveau atteint aujourd’hui, c’est bien la persistance du choc et sa diffusion qui guideront la suite du cycle monétaire.

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