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Weekly Update - La France n’est pas sans atouts

La hausse des taux d'intérêt souverains français et notamment l'élargissement de l'écart avec les taux allemands ravivent les interrogations sur la trajectoire des finances publiques. Dans un contexte marqué par une croissance ralentie, un endettement élevé et des déficits persistants, les marchés se montrent plus exigeants à l'égard de la signature française. Cette évolution marque le retour au premier plan des questions de soutenabilité budgétaire. Pour autant, la situation actuelle diffère sensiblement de celle des économies qui avaient été au cœur de la crise de la zone euro au début des années 2010. Si les défis budgétaires de la France sont réels, l'économie dispose également de plusieurs facteurs de résilience qui méritent d’être rappelés.

Des tensions croissantes autour de la dette française. Le retour de taux d'intérêt durablement plus élevés modifie l'environnement dans lequel évoluent les finances publiques. Pendant plus d'une décennie, la faiblesse du coût de financement a permis aux États de s'endetter à moindre coût. Le mouvement de hausse des taux de ces dernières années, qui s’est de nouveau accéléré ces dernières semaines, entraîne mécaniquement une remontée de la charge d'intérêt.
Cette évolution intervient alors que la France continue d'afficher un déficit public élevé. Dans un contexte de croissance relativement faible, les investisseurs s'interrogent davantage sur la capacité du pays à stabiliser puis réduire son endettement. L'élargissement récent de la prime de risque par rapport à l'Allemagne (à 110 points de base) reflète ainsi un questionnement sur la crédibilité de la trajectoire budgétaire française.

Des amortisseurs qui distinguent la situation française. Ces tensions ne doivent toutefois pas masquer une différence essentielle entre la France d'aujourd'hui et les économies qui avaient traversé les crises souveraines du début des années 2010. À l'époque, plusieurs pays de la périphérie de la zone euro cumulaient déficits publics et déficits externes importants, les rendant fortement dépendants des financements internationaux. Lorsque ces flux de capitaux se sont interrompus, les ajustements ont été particulièrement violents. La France ne présente pas aujourd'hui ce type de vulnérabilité externe. Son déficit courant demeure limité et l'économie ne dépend pas massivement de financements étrangers de court terme pour assurer son fonctionnement. Cette caractéristique réduit le risque d'un « sudden stop », c'est-à-dire d'un arrêt brutal des flux de capitaux susceptible de provoquer une crise financière. L'abondance de l'épargne domestique constitue un autre facteur de résilience. Les ménages français conservent un taux d'épargne élevé, offrant à l'économie un réservoir de financement important. Cette capacité à mobiliser une épargne nationale abondante distingue la France de nombreuses économies ayant connu des difficultés de financement dans le passé. Enfin, le système financier apparaît aujourd'hui robuste, notamment grâce aux renforcements réglementaires et prudentiels mis en œuvre depuis plus d'une décennie.

Un environnement qui renforce la nécessité de l'ajustement budgétaire. La présence de ces amortisseurs ne signifie pas pour autant que la France puisse ignorer ses déséquilibres. Des taux durablement plus élevés impliquent une augmentation progressive de la charge de la dette, réduisant les marges de manœuvre budgétaires. Une part croissante des ressources publiques est ainsi appelée à être consacrée au financement des engagements passés plutôt qu'à l'investissement ou aux politiques de soutien à la croissance.
Dans ce contexte, les choix budgétaires deviennent plus contraints et les arbitrages plus délicats. Les marchés pourraient également continuer à exiger une rémunération plus élevée tant qu'une amélioration durable des comptes publics ne sera pas perceptible. Le scénario le plus probable n'est donc pas celui d'une crise financière comparable à celles observées dans certains pays européens il y a quinze ans. Le principal risque est plutôt celui d'une croissance durablement freinée par la hausse du coût de la dette et par les efforts nécessaires au redressement des finances publiques.

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