Weekly Update - Une pause dans un environnement toujours inflationniste

La BCE et la Fed ont laissé leurs taux inchangés, mais les deux institutions maintiennent un biais prudent face à une inflation encore supérieure aux objectifs des banques centrales. Malgré cette pause, les banquiers centraux continuent de souligner leur dépendance aux données et leur engagement à ramener durablement l'inflation vers leur cible.
Une pause motivée par le besoin de recueillir davantage d'informations plutôt que par un changement de cap. Comme attendu, la Réserve fédérale américaine (Fed) a maintenu son taux directeur inchangé à 3,50 %-3,75 %. Parallèlement à cette décision, elle a annoncé une réduction du nombre de réunions de politique monétaire en 2027. Cette pause dans le cycle de resserrement reflète la volonté des membres du FOMC d’obtenir davantage de visibilité sur l’évolution de l’inflation sous-jacente ainsi que sur l’ampleur du durcissement des conditions financières déjà induit par la hausse des taux longs. Si Kevin Warsh est une nouvelle fois resté très discret quant à la trajectoire future des taux lors de sa conférence de presse, le communiqué conserve un biais clairement restrictif. L’activité économique continue d’y être décrite comme progressant à un « rythme soutenu », les créations d’emplois comme évoluant à un rythme compatible avec la croissance de la population active, tandis que « l’inflation demeure élevée ». Par ailleurs, plusieurs membres de la Fed ont souligné la vigueur persistante de l’économie américaine tout en reconnaissant que l’inflation n’évoluait pas encore sur une trajectoire compatible avec l’objectif de 2 %. Dans ce contexte, deux membres votants se sont prononcés en faveur d’une hausse des taux lors de la réunion d’octobre. Les chiffres publiés hier, montrant une croissance du PIB et une inflation PCE toutes deux supérieures à 3 %, confirment par ailleurs un environnement caractérisé à la fois par une activité économique robuste et des pressions inflationnistes toujours soutenues. Dans l’ensemble, ces éléments suggèrent que la Fed conserve une inclination en faveur d’un resserrement monétaire supplémentaire. Une hausse de 25 pb en décembre demeure ainsi le scénario le plus probable et nous continuons d’anticiper la poursuite du cycle de resserrement en 2027.
La BCE maintient ses taux inchangés dans un contexte d’inflation persistante. Comme aussi largement anticipé, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de laisser son taux de dépôt inchangé à 2,5 %, à l’occasion de l’une des dernières réunions de politique monétaire présidées par Christine Lagarde avant son départ prévu en février 2027. Si l’inflation totale et sous-jacente demeurent supérieure à l’objectif de 2 %, Christine Lagarde a souligné que les anticipations d’inflation de long terme restaient ancrées autour de la cible, tandis que les effets de second tour liés à la hausse des prix de l’énergie n’avaient pas entraîné de « réponse matérielle» sur les salaires. La BCE a également indiqué que le durcissement des conditions financières observé depuis septembre constituait un facteur susceptible de peser à la fois sur la croissance et sur l’inflation au cours des prochains trimestres, soutenant ainsi la pause du cycle de resserrement. Interrogée à plusieurs reprises sur la situation française, Lagarde a rappelé que " les pays présentant des niveaux d’endettement élevés doivent tenir compte, (…), du fait que les taux d’intérêt sont plus élevés et qu’ils devraient le rester pendant un certain temps", message qui suggère une absence d’intervention de la BCE sur les marchés obligataires français à ce stade. Finalement, à l’instar de la Fed, la BCE a souligné qu’elle restera attentive à l’évolution des pressions inflationnistes pour déterminer la suite de son cycle de resserrement. Dans un environnement où (i) les prix de l’énergie resteraient élevés, compte tenu des tensions au Moyen-Orient, et maintiennent l’inflation élevée, et où (ii) les principales économies de la zone euro s’avèrent résilientes, nous nous attendons à que la BCE augmente à nouveau son taux directeur en décembre à 2,75%, avec un taux terminal de 3% en 2027.