
Notre point de vue - Les taux se resserrent (de nouveau) - Septembre 2026
Une croissance qui résiste
Malgré un environnement géopolitique toujours incertain et des tensions persistantes sur les marchés de l'énergie, les économies développées ont mieux résisté que prévu au deuxième trimestre, avec une croissance annualisée de 1,5 % aux États-Unis et de 1,3 % en zone euro. Les enquêtes de conjoncture laissent même entrevoir une nouvelle accélération de l'activité au troisième trimestre.
Cette résilience a toutefois son revers : elle freine le processus de désinflation attendu, alors même que plusieurs chocs d'offre continuent d'exercer une pression haussière sur les prix. Dans ce contexte, les marchés anticipent désormais de nouvelles hausses des taux directeurs de la part des principales banques centrales, entraînant un mouvement global de remontée des taux d'intérêt sur l'ensemble de la courbe.
Un déséquilibre défavorable aux marchés obligataires
Cette hausse des rendements s'explique également par un facteur plus structurel : le déséquilibre croissant entre l'offre et la demande de dette. Du côté de l'offre, les émissions souveraines progressent sous l'effet de déficits publics élevés. À cela s'ajoute un besoin de financement privée toujours plus importante : les entreprises les plus exposées à l'essor de l'intelligence artificielle recourent désormais davantage au marché obligataire et aux financement privés pour accompagner leurs besoins massifs d'investissement en infrastructures numériques, centres de données et capacités de calcul.
Du côté de la demande, les programmes de resserrement quantitatif (QT) conduits par plusieurs banques centrales, notamment la BCE, la Banque d'Angleterre et la Banque du Japon, se poursuivent et les banques centrales émergentes n’accumulent plus de réserves de change. Le retrait progressif de ces acheteurs structurels intervient précisément au moment où les volumes d'émission atteignent des niveaux historiquement élevés, contribuant à maintenir une pression haussière sur les taux longs.
Préférence confirmée pour les actions
Dans un environnement marqué par une croissance résiliente et une inflation plus persistante, nous maintenons notre préférence pour les marchés actions au détriment des obligations. Nous privilégions notamment les actions américaines ainsi que les marchés émergents d'Asie-Pacifique, dont les indices bénéficient d'une exposition particulièrement importante à la thématique de l'intelligence artificielle. Celle-ci demeure en effet un puissant moteur d'investissement à l'échelle mondiale. Les dépenses consacrées aux semi-conducteurs de nouvelle génération, aux centres de données, aux infrastructures énergétiques et aux logiciels d'automatisation soutiennent la croissance des bénéfices dans un nombre croissant de secteurs. Enfin, nous anticipons un soutien supplémentaire du dollar à court terme, porté par une dynamique économique qui devrait rester plus robuste aux États-Unis..
