
Le financement alternatif au service de la filière viticole
Dans un contexte viticole en crise, les financements alternatifs permettent, aux côtés des financements plus traditionnels, de soutenir les entreprises de la filière du vin en fédérant des investisseurs passionnés.
Maxime Debure, qui a fondé la plateforme WineFunding en 2016, revient sur la spécificité de ces modèles et partage sa vision de l’avenir viticole.
Propos recueillis par Matthieu Gombault, Responsable de l’expertise Vin & Forêt de Société Générale Private Banking .
Quels types de projets viticoles financez-vous ?
Maxime Debure : Le financement alternatif peut prendre de multiples formes dans le secteur viticole. Le crowdfunding, qui est ouvert à tous, finance des petits projets très divers dont le montant en moyenne va de 50€ à 500€ par investisseur. En complément, WineFunding propose des financements de type club deals, qui regroupent un nombre restreint d’investisseurs (trois à cinq investisseurs) qui vont entrer au capital d’un domaine viticole pour une durée limitée et déterminée à l’avance (5 à 8 ans en moyenne), pour un montant entre 50 000€ et 1 000 000€ par investisseur
En dix ans, nous avons étudié plus de 1500 projets issus de toutes les régions viticoles françaises mais également d’autres pays. Nous avons sélectionné 65 domaines, essentiellement en France mais également en Italie, au Portugal, en Espagne ou en Afrique du Sud, qui ont pu se développer grâce au soutien de notre communauté d’investisseurs. Au total, nous avons levéune trentaine de millions d’euros. Leun ticket d’entrée individuel moyen par investisseur va de quelques centaines d’euros ou quelques milliers d’euros pour les projets en crowdfunding à 500 000€ pour les projets en club deal.
Comment sélectionnez-vous les projets retenus ?
M.D : Nous regardons toujours les structures sous deux prismes. Celui de l’entreprise : quels sont ses fondamentaux et son potentiel (terroir, appellation, production, commercialisation…), mais également sous l’angle purement œnologique pour déterminer si le profil de vin est porteur dans le marché actuel. Nous nous appuyons, depuis la création de WineFunding, sur un comité d’experts qui font autorité (sommeliers, œnologues...) pour étudier le potentiel qualitatif de ces projets.
Ensuite, nous étudions la valorisation financière du domaine. Dans un secteur où l’émotionnel peut jouer aussi bien côté investisseur (vouloir acquérir absolument un domaine prestigieux…) que propriétaire (surévaluation de son domaine…), notre rôle de conseil est clé pour que l’investissement se fasse à la bonne valeur.
Vous parlez d’émotions. Qu’est-ce qui fait la spécificité de ces financements alternatifs dans le monde de la vigne ?
M.D : Indéniablement, la dimension humaine de ces projets collectifs. Les investisseurs peuvent être des connaisseurs avisés ou simplement des amateurs curieux, mais qui généralement viennent d’un autre monde que le vin. Au-delà du financement, ils peuvent apporter des idées, des expériences très intéressantes grâce à leur point de vue externe à la filière.
Par ailleurs, beaucoup d’entre eux sont des entrepreneurs qui, après avoir vendu ou s’être désengagés de leur entreprise, sont heureux de participer et apporter des conseils à un nouveau projet entrepreneurial.
Dans tous les cas, nous observons toujours une véritable bienveillance et compréhension qui apporte beaucoup de sérénité aux vignerons accompagnés.
Existe-t-il d’autres solutions de financement alternatifs pour soutenir la filière ?
M.D : Oui, tout à fait. Pour financer des besoins spécifiques comme le besoin de matériels, nous avons inventé des solutions innovantes comme le prêt avec remboursement sur plusieurs années des intérêts en bouteilles de vin ou le prêt avec un remboursement en nature, en bouteilles de vin ou nuitée au domaine. Ces financements d’un montant moins important sont une autre façon de participer à une aventure collective viticole.
Comment évolue votre activité dans un marché viticole en crise ?
M.D : La crise que traverse la filière n’est pas conjoncturelle, ni temporaire et révèle un changement profond des habitudes de consommation. Dans un marché qui devrait se contracter dans les géographies traditionnelles, ceux qui tireront leur épingle du jeu seront les acteurs bien positionnés en termes de profil de vin, de prix, de commercialisation mais également d’expérience client.
En parallèle, cette crise a entrainé une chute importante des prix qui encouragent les acquéreurs potentiels à s’intéresser à nouveau à de grands domaines valorisés moitié moins cher qu’il y a deux ou trois ans. Ce contexte et les nouvelles opportunités qui se dessinent dans des marchés émergents comme le Brésil ou l’Inde, nous invitent à être toujours plus rigoureux dans notre conseil et notre analyse pour identifier les producteurs de demain.

Maxime Debure
Ingénieur agronome et œnologue, Maxime Debure a exercé comme oenologue puis directeur de sociétés de négoce et de propriétés viticoles. Il a travaillé en France ainsi qu'en Australie, Californie, Afrique du Sud et Chili.
Après un MBA à l’INSEAD, il rejoint le secteur du conseil en stratégie et accompagne pendant huit ans les directions générales et les fonds d’investissement.
En 2016, il fonde WineFunding, une plateforme de financement participatif dédiée à la filière viticole.
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