
Weekly Update - Guerre en Iran : des tensions excessives sur les taux d’intérêt ?
La guerre en Iran rentre dans sa quatrième semaine avec une issue très incertaine à ce stade et des prix de l’énergie qui restent à des niveaux élevés. Le consensus et les marchés financiers ont revu ainsi nettement leurs prévisions d’inflation, avec l’OCDE qui s’attend à une inflation de 4% aux Etats-Unis et de 3% en zone euro, tout en maintenant un scénario constructif sur la croissance. La principale réaction des marchés financiers est l’ajustement important des taux d’intérêt à court terme dans un contexte où les anticipations d’un resserrement des politiques monétaires sont revues à la hausse. Le risque est que ce durcissement des conditions financières se poursuive et représente un durcissement supplémentaire sur la croissance.
Un mois de tensions. La guerre en Iran a débuté le 27 février et l’issue du conflit demeure, à ce stade, très incertaine. Le détroit d’Ormuz reste quasi fermé, maintenant une pression soutenue sur les marchés de l’énergie. Les prix du pétrole évoluent ainsi à des niveaux élevés, autour de 110 dollars le baril, soit une hausse de près de 80 % depuis le début de l’année. Les marchés à terme continuent toutefois d’anticiper une détente progressive, avec des prix attendus autour de 90 dollars durant l’été, puis proches de 80 dollars en fin d’année. Les prix du gaz enregistrent eux aussi une progression marquée par rapport à leurs niveaux de fin d’année dernière (+86 % depuis le début de l’année pour le contrat européen), tout en restant nettement en deçà des sommets atteints en 2022 lors de la guerre en Ukraine. Un mois après le début du conflit, les tensions sur les marchés de l’énergie sont donc significatives, mais demeurent, à ce stade, moins intenses — tant par leur ampleur que par leur durée — que lors du choc de 2022.
Des perspectives d’inflation revues en hausse, sans ajustement marquée de la croissance. L’OCDE vient de publier une mise à jour de ses prévisions pour l’économie mondiale. Si l’institution maintient quasiment inchangées ses projections de croissance, elle revoit en revanche à la hausse ses anticipations d’inflation, de plus d’un point de pourcentage pour 2026. Les principales banques centrales, qui se sont réunies la semaine dernière, ont également ajusté leur diagnostic dans ce sens. Cette lecture est désormais largement partagée par le consensus des économistes, avec des révisions concentrées sur l’inflation, sans remise en cause significative du scénario de croissance.
Une réaction marquée sur les taux d’intérêt. Les marchés obligataires ont rapidement intégré le choc géopolitique, en particulier en zone euro. Les taux souverains se sont tendus tant sur les maturités longues que courtes : les taux à dix ans allemand et français atteignent ainsi respectivement 3,06% et 3,8%, tandis que les taux à deux ans ont atteint 2,70% et 2,89%. Cette évolution reflète une révision marquée des anticipations d’inflation, nettement plus prononcée que celle observée dans les prévisions macroéconomiques des institutions et du consensus.
Notre scénario central demeure inchangé, mais la vigilance s’impose. Le principal risque ne tient pas aujourd’hui à un dérapage inflationniste durable, ni à un durcissement imminent des politiques monétaires, mais à un resserrement excessif des taux porté par les marchés, susceptible de freiner la croissance avant toute réaction des banques centrales.
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