
Weekly Update - Chine: une nouvelle année, des priorités inchangées
A l’occasion du Nouvel An chinois, la Chine s’apprête à adopter début mars son 15ème plan quinquennal, présenté lors du plénum d’octobre dernier. Comme les précédents, ce plan servira de cadre stratégique pour les cinq prochaines années, fixant les orientations économiques et sociales du pays. Il s’inscrit dans la continuité de la stratégie de « double circulation », qui vise à réduire la dépendance aux marchés internationaux tout en renforçant la demande intérieure.
Montée en gamme technologique. La première orientation majeure du plan concerne l’accélération de l’autonomie technologique de la Chine. Le pays bénéficie déjà d’un écosystème d’innovation dense, capable de développer et de répliquer rapidement des technologies étrangères, avec coût moindre d’environ 30%. De plus, les dépenses de R&D atteignent aujourd’hui près de 96% du niveau américain, contre 72% il y a dix ans, stimulant la progression rapide du pays dans les secteurs de pointe.
Le plan devrait renforcer le soutien aux industries jugées stratégiques : semi‑conducteurs, intelligence artificielle, biotechnologies et technologies quantiques. En parallèle, l’initiative AI Plus, qui vise à intégrer l’intelligence artificielle dans l’ensemble du tissu productif, devrait bénéficier d’un soutien supplémentaire.
Cette orientation prolonge la logique du plan Made in China 2025, qui visait à positionner la Chine dans les industries à forte valeur ajoutée.
Autonomie et résilience des chaînes de valeur. La seconde priorité du plan concerne le renforcement de la sécurité nationale dans ses dimensions économique, technologique et industrielle. La force du modèle chinois reste sa capacité d’exportations. En 2025, l’excédent commercial a atteint un niveau record, dépassant les 1 200 milliards de dollars (6% du PIB). La Chine produit ainsi 30% des biens manufacturés mondiaux, avec une claire montée en gamme de sa production, et n’en consomme qu’environ 18%. En réaction, différentes régions mettent en place des politiques protectionnistes pour encadrer la concurrence chinoise, incitant en retour Pékin à renforcer son autonomie de production.
Réequilibrer la croissance vers la demande intérieures. Enfin, le plan met l’accent sur le rééquilibrage de la croissance, avec pour objectif de rapprocher le PIB par habitant chinois de celui des économies avancées d’ici 2035. L’économie chinoise reste en effet à deux vitesses : si l’industrie et les exportations restent très dynamiques, la consommation intérieure reste faible.
Les facteurs qui pèsent sur la demande sont à la fois conjoncturels – crise immobilière de 2021 et contexte déflationniste qui entame la confiance des ménages – mais aussi structurels. En effet, le manque de couverture sociale et le vieillissement rapide de la population conduisent les ménages à épargner fortement, autour de 36% du revenu disponible en 2024.
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