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Etats-Unis : privilégier les sociétés peu endettées

En résumé

  • Les remontées des taux auront des effets moindres sur les entreprises peu endettées, encourageant ainsi leur surperformance.

Dix ans après la crise financière mondiale, l’endettement des entreprises américaines atteint une fois encore des sommets historiques. Après une courte période de désendettement, les entreprises non financières américaines ont commencé à accumuler de nouveau des dettes à partir de 2011, la politique monétaire particulièrement accommodante de la Réserve fédérale américaine ayant fait plonger les coûts d’emprunt à des niveaux extrêmement bas.

S’endetter lourdement a permis aux entreprises américaines de se développer plus rapidement, d’améliorer leur retour sur fonds propres et de mieux rémunérer leurs actionnaires au travers de dividendes plus élevés et de rachats d’actions plus importants. D’après les données de la Banque des règlements internationaux (BRI), le niveau d’endettement des entreprises non financières (mesuré par le ratio dette nette/PIB) a atteint 73,5% au T4 2017, un niveau encore plus élevé que le précédent pic enregistré au T1 2008 à 72,5%.

La réforme fiscale, le redressement des bénéfices et la génération de trésorerie devraient permettre aux entreprises de trouver des capitaux suffisants pour rembourser partiellement leurs dettes. Cependant, si un niveau d’endettement élevé est gérable lorsque les coûts d’emprunt sont faibles, il fragilise également les entreprises lorsque les taux d’intérêt commencent à augmenter. Les conditions de financement se sont considérablement durcies aux Etats-Unis, la Réserve fédérale américaine ayant continué à remonter les taux. La hausse du rendement des obligations d’Etat américaines, la vigueur du dollar et l’élargissement des spreads de crédit n’ont fait qu’empirer les choses. Cette tendance devrait se poursuivre ces prochains mois, puisque le resserrement monétaire va continuer aux Etats-Unis. Nous prévoyons deux nouvelles hausses des taux cette année et trois l’année prochaine. Nous estimons également que le rendement des obligations d’Etat à 10 ans atteindra 3,25% dans 12 mois (voir pages 6-7 pour plus de détails).

Les entreprises faiblement endettées sont mieux à même de résister à un durcissement des conditions d’emprunt. La hausse des taux et l’élargissement des spreads de crédit devraient augmenter les frais financiers et par là même entraîner une dégradation du ratio de couverture des intérêts (ratio charges d’intérêt/résultats avant intérêts et impôts) pour les obligations et les prêts. La hausse des charges d’intérêt des entreprises est liée aux nouvelles créances émises à des taux plus élevés et à la hausse des taux sur les obligations à taux variable en circulation. Cependant, la sensibilité aux remontées des taux varie d’un secteur à l’autre. Les secteurs avec des ratios d’endettement élevés et fortement exposés aux fluctuations des taux d’intérêt ou aux taux variables (immobilier) sont plus vulnérables à une hausse des taux.

Conclusion. Les entreprises américaines peu endettées résisteront mieux au resserrement monétaire que leurs homologues lourdement endettées, encourageant ainsi leur surperformance. Côté secteurs, nous préférons la technologie et la santé (qui affichent tous deux une trésorerie solide) aux télécommunications, aux services aux collectivités et à l’immobilier.