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Le plastique bientôt détrôné ?

Le grand dossier - Matière reine de l’économie depuis les années 1950, omniprésent dans notre quotidien, le plastique est aujourd’hui décrié en raison de ses effets sur l’environnement. La lutte contre la pollution liée à ses déchets est l’occasion de réinventer son économie. Par Catherine Véglio, écrivaine et journaliste économique.

Contributeurs

Une économie sous plastique

De notre brosse à dents à notre smartphone, en passant par le volant de notre voiture, nous utilisons une cinquantaine d’objets en plastique chaque jour, au minimum. Le philosophe Roland Barthes ne s’y trompait pas en écrivant dans ses Mythologies, dans le milieu des années 1950 : « Le plastique est tout entier englouti dans son usage : à la limite, on inventera des objets pour le plaisir d’en user (…) le monde entier peut être plastifié. »
À l’époque de ces lignes, la matière reine des « Trente Glorieuses » va connaître un formidable développement, avec une croissance annuelle moyenne de la production de 8,5 % par an (60 millions de tonnes en 1980, 187 en 2000, 265 en 2010, 359 en 2018…), une accélération devançant celle de l’acier, de l’aluminium ou du ciment. À ce jour, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une augmentation de 30 % de la demande en plastiques d’ici à 2030 et de 60 % d’ici à 2050! Si cette matière s’est imposée dans l’économie moderne, c’est avant tout en raison de sa formidable plasticité elle peut prendre toutes les formes – alliée à un prix peu élevé et à d’autres qualités, sa légèreté, sa résistance, en un mot sa performance.
Le plastique est ainsi devenu omniprésent dans de nombreux secteurs comme l’agroalimentaire, la construction, les transports, la santé, l’électronique… Son utilisation présente des atouts indéniables. Dans les transports, il a permis de réduire le poids des véhicules et ainsi de consommer moins de carburant. Dans l’alimentaire, « l’emballage plastique constitue l’élément essentiel de prévention des contaminations extérieures (chimiques et microbiennes), de préservation de la qualité, de traçabilité des produits et de réduction des pertes et de gaspillages en protégeant les aliments », explique Nathalie Gontard, directrice de recherche à l’INRA (Institut national de recherche agronomique). À l’hôpital, les accessoires à usage unique en plastique limitent les risques d’infection…

Les écosystèmes dégradés

Pourtant, ces dernières années, ce matériau est devenu l’un des marqueurs de la crise écologique contemporaine… En 2014, Achim Steiner, alors directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), alerte : « Le plastique joue sans doute un rôle crucial dans la vie moderne, mais les impacts environnementaux de la façon dont nous l’utilisons ne peuvent pas être ignorés ». En cause, la logique linéaire de l’économie du plastique, qui repose pour l’essentiel sur le triptyque « fabriquer, consommer, jeter ». Rien n’illustre mieux les limites de ce modèle que la surconsommation des emballages en plastique.
Fabriqués le plus souvent à partir de matières premières vierges, ils sont utilisés puis jetés ! Or, ils représentent 26 % du volume total des plastiques produits et leur production devrait atteindre 318 millions de tonnes par an en 2050. Cette chaîne de valeur linéaire engendre de fortes quantités de déchets, qui contribuent à la pollution et à la dégradation des écosystèmes naturels.
Les 8,3 milliards de tonnes de plastiques produites dans le monde depuis 1950 ont généré environ 6,3 milliards de tonnes de déchets (en 2015) dont environ 9 % ont été recyclés, 12 % incinérés et 79 % accumulés dans des décharges ou dans la nature, selon une étude américaine publiée dans la revue scientifique Science Advances. En résumé, les trois quarts des plastiques usagés finissent leur vie dans nos terres, nos eaux douces et nos océans ! Quelque 8 millions de tonnes se retrouvent dans les océans chaque année, ce qui équivaut à y décharger chaque minute l’équivalent du contenu d’un camion-poubelle. Pour Nathalie Gontard, il s’agit d’une « bombe à retardement » car les plastiques mettent des décennies, voire des siècles à se dégrader. Les dégâts causés dans les océans sont considérables. Ingérés par les poissons, déposés dans les sédiments, ils infiltrent tous les niveaux de la chaîne alimentaire.
Ils entraînent la mort de mammifères marins (100 000/an) et d’oiseaux de mer (1 million/an) par ingestion et par enchevêtrement. D’après l’étude Valuing Plastic, les dommages subis par les écosystèmes marins s’élèvent à au moins 13 milliards de dollars par an. Ces déchets portent aussi un préjudice économique à des activités telles que la pêche, le transport maritime ou le tourisme.

Une prise de conscience collective

Cette pollution, rendue visible par la découverte des gyres océaniques, immenses tourbillons où s’accumulent des tonnes de déchets plastiques, a suscité une prise de conscience à l’échelle planétaire. « Si la tendance actuelle continue, il y aura en 2050 plus de plastiques que de poissons dans les océans » [en poids], s’est alarmé António Gutteres, secrétaire général des Nations Unies, en juin 2018. Des projets innovants – « The Ocean Cleanup » du Néerlandais Boyan Slat, « The Sea Cleaners » du Franco-Suisse Yvan Bourgnon, « Plastic Odyssey » des Français Simon Bernard et Alexandre Dechelotte… – ont vu le jour pour collecter les déchets en mer. S’ils ne régleront pas le problème à eux seuls, ils sensibilisent l’opinion mondiale et montrent qu’il est impératif d’agir collectivement. La Mission Microplastiques 2019, avec ses prélèvements effectués dans les estuaires de neuf grands fleuves européens sur la goélette d’expéditions scientifiques Tara, livre ses premiers résultats : les microplastiques sont omniprésents dans les fleuves et sont des « éponges à polluants ». Les recherches qui débutent dans les 17 laboratoires partenaires permettront d’en savoir plus.

“ S’attaquer aux déchets plastiques dans l’environnement et développer une économie circulaire requiert la participation de tous les acteurs de la chaîne de valeur et l’engagement à long terme des entreprises, des gouvernements et des communautés ”

ANTOINE FRÉROT
PDG DE VEOLIA ET VICE-PRÉSIDENT DE L’AEPW

Un engagement multi-acteurs

Une chose est certaine : les solutions pour lutter contre cette pollution se trouvent sur terre.
Plusieurs ONG (WWF, Fondation Ellen MacArthur, Greenpeace…) interpellent les politiques et les industriels, les invitant à changer notre mode de production et d’utilisation des plastiques. En juin 2018, au Canada, les pays du G7 – excepté le Japon et les États-Unis – ainsi que l’Union européenne ont signé une charte sur le plastique, basée sur le volontariat, qui vise à atteindre un taux de recyclage de 100 % en 2040. En mai 2019, quelque 180 États membres de l’ONU et parties à la Convention de Bâle ont conclu à Genève un accord sur une réglementation des exportations de déchets plastiques.
En juin 2019, au Japon, les pays du G20 sont parvenus à un accord de réduction des déchets plastiques en milieu marin. Les industriels se mobilisent également.
En janvier 2019, une trentaine d’entreprises internationales ont lancé à Londres l’Alliance to End Plastic Waste (AEPW), qui s’engage à verser plus de 1 milliard de dollars – avec l’objectif d’atteindre 1,5 milliard – d’ici à cinq ans, pour permettre le déploiement de solutions de réduction et de gestion des déchets plastiques et promouvoir leur recyclage. « S’attaquer aux déchets plastiques dans l’environnement et développer une économie circulaire requiert la participation de tous les acteurs de la chaîne de valeur et l’engagement à long terme des entreprises, des gouvernements et des communautés », a déclaré Antoine Frérot, PDG de Veolia et vice-président de l’AEPW.

Le plastique et l’économie circulaire

Le recyclage du plastique est un véritable challenge. En effet, il est souvent utilisé en accompagnement d’autres matériaux, ce qui rend son recyclage très difficile. Et, quand il est recyclé, le plastique perd progressivement ses propriétés, donc ses avantages. Pour ces différentes raisons, seulement 16 % du plastique produit est recyclé alors que 66 % est jeté. Face à ce dilemme, les solutions technologiques font cruellement défaut.
Le recyclage mécanique du plastique – par exemple, fabriquer de nouvelles bouteilles en PET à partir d’anciennes – se révèle assez inefficace, car 25 % du plastique utilisé termine en déchets. Partant de ce constat, une équipe de scientifiques américains a exploré une piste prometteuse, le recyclage chimique. Les chercheurs ont souhaité transformer le plastique en une matière nouvelle. La technique consiste à décomposer les liaisons chimiques qui rendent le polyéthylène robuste et durable, ce qui permet d’obtenir une huile liquide qui pourrait servir, par exemple, de lubrifiant. Il existe toutefois deux difficultés majeures. Le procédé est très gourmand en énergie, car il faut chauffer le plastique à 300 °C durant trente heures pour produire l’huile. D’autre part, il se posera toujours la question du recyclage de cette huile après utilisation !

D’autres approches sont nécessaires

Réutilisation. Il s’agit de bouleverser la conception des objets utilisant le plastique (ainsi que d’autres matières) pour que chaque élément le composant puisse servir de nouveau après utilisation. Cela permet donc de ne pas jeter tout le produit mais juste les éléments usés ou endommagés.

Remplacement. Plutôt que de jeter les emballages plastiques à usage unique – 50 % de l’ensemble des produits plastiques chaque année –, il s’agirait de les remplacer. À l’initiative des gouvernements, qui commencent à se saisir du problème. À celle des entreprises, comme le groupe français Sphère – détenteur de la marque Alfapac –, qui a conçu des sacs à base de fécule de pomme de terre. Ou encore à l’initiative des citoyens, qui n’hésitent plus à acheter en vrac, ou à refuser d’emporter les emballages en plastique

Réemploi. Certains artisans et entreprises considèrent les déchets plastiques comme une nouvelle matière première. Par exemple, le fabricant de baskets français Veja a conçu des chaussures comportant des tissus en plastique recyclé qui rencontrent un succès planétaire.
Pour gérer nos ressources précieuses et pour s’adresser au fléau du plastique, nous devrons certainement faire évoluer notre modèle, en abandonnant le système linéaire actuel – on exploite, on produit, on utilise, on jette – pour réadopter les principes millénaires de l’économie circulaire.

Les consommateurs en action

S’il est impossible de se passer totalement du plastique, la réduction de son utilisation – en particulier celle des emballages plastiques (60 % des déchets plastiques) — est devenue une préoccupation majeure. Dans l’UE, plusieurs produits en plastique à usage unique seront interdits à compter du 3 juillet 2021. En France, l’Assemblée nationale a voté le 9 décembre 2019 l’interdiction progressive de tous les objets en plastique jetables d’ici à 2040, lors de l’examen du projet de loi contre le gaspillage pour une économie circulaire, et les sacs de caisse en plastique sont bannis depuis 2017. Dans le monde, une soixantaine de pays ont instauré une interdiction totale ou partielle de ces sachets. Conscients de leur pouvoir, les consommateurs agissent à travers des initiatives citoyennes. Lancé au Royaume-Uni sur les réseaux sociaux, le mouvement Plastic Attack, désormais actif dans de nombreux pays, organise des actions dans les supermarchés : « Chacun se rend au supermarché pour faire ses courses munis d’emballages réutilisables. Après être passés à la caisse, on enlève tous les emballages inutiles et on les laisse aux distributeurs (…), explique Fanny Vismara, une des animatrices du mouvement en France. Avec les Plastic Attack, on cherche à avoir de l’impact sur tous les acteurs de la chaîne pour faire évoluer les pratiques. » Les consommateurs ont en effet un rôle essentiel à jouer pour réduire la production de déchets en privilégiant les produits avec peu ou pas d’emballages, les objets durables, réutilisables, réparables. Et ils ont une responsabilité majeure : trier les produits destinés aux filières de recyclage. En France, 4 bouteilles sur 10 ne sont jamais triées.

Développer davantage le recyclage

Le recyclage du plastique est vu comme une voie à privilégier pour favoriser une économie circulaire, qui transforme les déchets en ressource. La fondation Ellen MacArthur a calculé que 95 % de la valeur des emballages est perdue chaque année, soit 80 à 120 milliards de dollars. La France s’est fixé l’objectif ambitieux de « 100 % des plastiques recyclés à l’horizon 2025 » dans son Plan Climat. Un long chemin à parcourir : l’Hexagone ne recycle que 26,46 % des emballages plastiques (chiffre 2017), loin derrière des pays comme la Lituanie (74,2 %), la Bulgarie (65 %), la Slovénie (60 %) ou encore les Pays-Bas (50 %) et l’Allemagne (48 %).
Le taux de recyclage du plastique est faible (9 % au niveau mondial) comparé à d’autres matériaux comme le fer (70 %), le papier (60 %) ou le verre (50 %). En cause, le manque d’infrastructures de collecte et de traitement des déchets, en particulier dans les pays en développement. Cela étant, même dans les pays développés, la marge de progrès (le taux de recyclage est de 30 % en Europe) est importante. La grande variété des matières plastiques, incompatibles entre elles, tout comme leur dispersion dans des produits complexes – les équipements électriques et électroniques par exemple – rendent leur recyclage difficile.
L’écoconception – concevoir un produit pour qu’il soit recyclable – est une clé décisive pour améliorer la situation. Le marché du plastique recyclé peine à se développer pour des raisons de qualité, de disponibilité et de prix. La matière vierge, dont le cours est corrélé à celui du pétrole, est parfois moins coûteuse que son équivalent recyclé… Résultat, le plastique recyclé représente environ 10 % de la demande mondiale.

Les acteurs du secteur innovent

« L’élan viendra des donneurs d’ordre lorsqu’ils imposeront du plastique recyclé dans leurs cahiers des charges », estime Sébastien Petithuguenin, vice-président environnement de la Fédération de la plasturgie et des composites en France et directeur général de Paprec. Plusieurs d’entre eux ouvrent la voie. Danone s’est engagé à ce que 100 % de ses emballages plastiques soient recyclables, réutilisables ou compostables d’ici à 2025. Même tendance chez Unilever, qui prévoit de diviser par deux l’utilisation de plastiques vierges dans ses emballages à la même date, ou chez L’Oréal, qui se lance dans l’emballage 100 % recyclé depuis plus d’un an.
Autre exemple, Renault, qui mène une politique volontariste d’intégration de matières recyclées dans ses véhicules, avec un taux moyen de plastique recyclé de 30 % fin 2014. Coca-Cola, quant à lui, a dévoilé en octobre 2019 un prototype de bouteille fabriquée à partir de déchets plastiques marins collectés puis recyclés. Une prouesse technique qui laisse entrevoir des avancées technologiques dans le domaine du recyclage. En amont, les grands producteurs de résines plastiques, Dow, BASF, LyondellBasell, Total…, activent leurs équipes de recherche.
Total mise sur le développement du recyclage chimique à très haute température, qui permettrait d’augmenter le taux de réutilisation des plastiques.
Et les pouvoirs publics prennent des mesures incitatives. À la suite de la directive européenne de juin 2019, les bouteilles en plastique commercialisées dans l’UE devront contenir au moins 25 % de plastique recyclé en 2025 et au moins 30 % en 2030. En février 2019, aux Pays-Bas, plus de 65 entreprises ont signé le Pacte plastique néerlandais, visant à augmenter l’usage de matière plastique recyclée.

La mobilisation de tous les acteurs est essentielle pour faciliter une économie du plastique circulaire, comme l’illustrent des actions innovantes venues du Sud. Lancée en 2013, l’initiative Plastic Bank fait ainsi travailler plus de 2 500 collecteurs de déchets recrutés parmi les populations défavorisées en Haïti, au Brésil et aux Philippines. Recyclé dans les centres Plastic Bank, le plastique est vendu sous le nom de Social Plastic® à des entreprises. En Indonésie, le programme Project Stop, créé en 2017, a démarré dans la ville de Muncar, avec la volonté d’intégrer les communautés locales et le secteur informel. Selon ses initiateurs, financer les systèmes de gestion des déchets urbains et de récupération des déchets plastiques via l’économie informelle est un facteur déterminant dans la résolution de la crise des déchets plastiques.

Trois questions à Nathalie Gontard

Quels sont les principaux avantages des bioplastiques ?

Quelques précisions s'avèrent d'abord nécessaires. Les bioplastiques bio-based, les plus importants en volume, sont fabriqués à partir de ressources alimentaires (maïs, blé, betterave, canne à sucre…) mais ne sont pas nécessairement biodégradables, à l’image des bio-PET.
Ils ne règlent en rien les problèmes de pollution dus à la fragmentation, à la diffusion et à la persistance des plastiques dans l’environnement et dans les organismes vivants. Le terme de bioplastiques se réfère aussi à des plastiques biodégradables issus de la pétrochimie comme les plastiques conventionnels. Notre laboratoire travaille sur le développement d’un autre type de bioplastiques, plus intéressants sur le plan environnemental. Ils sont issus de matières premières renouvelables, des résidus agricoles n’entrant pas en compétition avec l’alimentation humaine ou animale. Ces plastiques sont biodégradables en fin de vie et réintègrent le cycle naturel du carbone comme n’importe quelle matière organique. Ils peuvent être orientés vers le compostage industriel ou individuel de biodéchets. Le bénéfice environnemental majeur de ces matériaux est qu’ils ne persistent pas dans l’environnement. Par ailleurs, ils sont tout autant recyclables que les autres plastiques.

Quelles sont les applications pour ce type de bioplastiques ?

Les bioplastiques tels les PHA que nous élaborons peuvent être utilisés en substitution des plastiques conventionnels pour l’emballage alimentaire et pour beaucoup d’autres applications (biomédical, électronique, automobile, agriculture, pêche…). Pour l’heure, le marché est peu développé car le tissu industriel a besoin de mettre en place les installations nécessaires à leur fabrication, différentes de celles utilisées pour les plastiques issus de la pétrochimie. Des industriels s’engagent dans cette voie, au Brésil, en Allemagne, en Chine où est basé le groupe Tianan, un des plus gros producteurs mondiaux de ces bioplastiques.
Des start-up se lancent également, comme, par exemple, Innoven SRL, en Italie, qui transforme des déchets organiques agricoles pour produire par méthanisation de l’énergie et des PHA. De grands industriels de la pétrochimie s’intéressent au sujet. Il reste que ces bioplastiques coûtent deux fois plus cher que des plastiques conventionnels, dont le prix est très bas. Des incitations publiques, par exemple d’ordre fiscal, seraient les bienvenues pour promouvoir l’utilisation de ces nouveaux matériaux

Vous coordonnez des projets européens en partenariat avec la Chine. Quels sont les objectifs de cette coopération internationale ?

Dans le cadre du projet NoAW (No Agro-Waste), l’objectif est de développer des procédés de valorisation de résidus agricoles pour produire des bioénergies, biofertilisants et bioplastiques. Ces résidus varient selon les régions : sarments de vigne dans le Languedoc, pomme de terre ou patate douce en Chine…
Ce projet réunit 32 partenaires pour un budget de 22 millions d’euros. La Chine est un pays très impliqué dans la recherche de substituts aux plastiques conventionnels.