Décembre 2011 - N°46
Marchés émergents
Les perspectives des marchés émergents restent largement tributaires de facteurs extérieurs : la persistance de la crise de la dette européenne et le de non-reconduction des mesures de soutien budgétaire aux États-Unis.
Comme en 2008, les actions émergentes ont connu à l’été une chute plus sévère que les actions des marchés développés suivie d’un rebond plus rapide et plus marqué. Tant que l’incertitude demeurera élevée, nous considérons que les actions émergentes demeureront sensibles aux risques baissiers.
La zone euro est en train de plonger en récession tandis que les Etats-Unis ont souffert de l’échec de la commission bipartisane à s’accorder sur des coupes budgétaires. L’aversion au risque es trepartie à la hausse, pesant sur la performance des marchés. Dans le contexte actuel, les actions émergentes vont demeurer sous pression.
Cependant, les perspectives de croissance demeurent plus fortes tandis que les bilans des entreprises et du secteur public sont plus solides, ce qui confère des marges de manoeuvre pour les politiques contracycliques.
Ces marchés sont cependant plus susceptibles d’enregistrer un rebond si l’horizon s’éclaircit. Les fondamentaux demeurent solides et les politiques économiques deviennent graduellement plus expansionnistes. La croissance va demeurer soutenue et l’inflation ralentit. Nous conservons inchangée notre allocation sur les actions émergentes (équipondérée) et continuons à les préférer aux actions des marchés développés.
Nous maintenons notre point de vue positif sur la Chine où nous escomptons une croissance de l’ordre de 8% en 2012. La décision de la banque centrale chinoise de baisser le taux des réserves obligatoires des banques de 50 points de basesignale un changement d’orientation de la politique monétaire important. Cet assouplissement de lapolitique monétaire sera poursuivi en 2012 même si son effet prendra du temps à se diffuser. De surcroît, le repli de l’inflation et des valorisations raisonnables nous confortent dans notre surpondération des actions chinoises. Nous conservons une position équilibrée sur les autres marchés asiatiques, où la croissance bien qu’en phase de ralentissement est plus forte que dans les autres régions émergentes et où l’inflation est en train de refluer.
La Russie est notre second marché d’élection en raison de valorisations toujours très attractives, et ce en dépit des risques liés au xconséquences de la crise européenne. Les perspectives de croissance sont bonnes et l’inflation se modère. L’incertitude concerne la sensibilité de l’économie russe aux aléas de la zone euro via les liens financiers ce qui nécessite un suivi attentif en cas d’aggravation de la crise. Néanmoins, des réserves de change d’un montant confortable et un change devenu plus flexible sont en mesure d’amortir une raréfaction de la liquidité.
Avec une croissance en dessous de sonpotentiel au Brésil et en ralentissement auMexique, nous conservons une allocationéquilibrée sur les marchés d’Amérique latine. Le Brésil fut le premier pays émergent à assouplir sa politique monétaire dès le mois d’août avec une série de baisse de taux directeur. Le taux directeur de la Banque centrale (Selic) a été réduit de 150 points de base à 11% et pourrait revenir à 9,5% en 2012. Des allégements d’impôt ont également été décidés. Cependant l’inflation demeure à desniveaux élevés en raison des augmentations salaires (+14% sur le salaire minimum en 2011). Le Brésil reste sensible à l’aversion au risque comme aux pressions inflationnistes. Pour cette raison, nous maintenons stable notre position. Le Mexique a dépassé les prévisions avec une croissance del’ordre de 4% cette année. Mais avec des valorisations proches de plus hauts historiques et la perspective d’une croissance plus faible en 2012, nous conservons une allocation équipondérée sur ce marché.




















